Oxydation des oméga-3 : pourquoi EPA et DHA sont-ils sensibles et comment les protéger ?

par Josie Gauthier | Août 25, 2026 | Oméga-3

Les oméga-3 EPA et DHA sont recherchés pour leurs rôles nutritionnels, mais leur structure présente aussi une particularité : elle les rend sensibles à l’oxydation. Cette réaction peut commencer dès la production de l’huile et se poursuivre au cours du stockage, notamment sous l’influence de l’oxygène, de la lumière, de la température et du temps.

Cependant, parler d’« oméga-3 oxydés » ne signifie pas simplement qu’une huile sent mauvais ou qu’elle a dépassé une date. L’oxydation est un phénomène chimique progressif, au cours duquel différents composés se forment puis se transforment. C’est pourquoi plusieurs paramètres sont utilisés pour l’évaluer, notamment l’indice de peroxyde, la valeur p-anisidine et l’indice TOTOX.

Comprendre ce phénomène permet ainsi de mieux interpréter les critères de fraîcheur d’une huile riche en EPA et DHA, mais aussi de comprendre pourquoi sa fabrication, son conditionnement et sa conservation comptent autant.

Sommaire

  1. Qu’est-ce que l’oxydation des oméga-3 ?
    1. Pourquoi EPA et DHA sont-ils particulièrement sensibles à l’oxydation ?
    2. Que se passe-t-il lorsqu’un oméga-3 s’oxyde ?
  2. Oxydation primaire et secondaire : pourquoi faut-il distinguer les deux ?
    1. Les hydroperoxydes : premiers marqueurs de l’oxydation
    2. Que deviennent les produits primaires d’oxydation ?
  3. Comment mesure-t-on l’oxydation d’une huile riche en oméga-3 ?
    1. L’indice de peroxyde mesure l’oxydation primaire
    2. La valeur p-anisidine renseigne sur l’oxydation secondaire
    3. Qu’est-ce que l’indice TOTOX ?
  4. Quel indice TOTOX indique une huile oméga-3 de qualité ?
    1. Un TOTOX très bas signifie-t-il forcément que l’oméga-3 est meilleur ?
  5. Qu’est-ce qui accélère l’oxydation des oméga-3 ?
    1. L’oxygène
    2. La lumière
    3. La température
    4. Le temps et les conditions de stockage
  6. Comment limiter l’oxydation des oméga-3 ?
    1. La qualité initiale de l’huile compte dès la fabrication
    2. Le conditionnement peut limiter l’exposition à l’air et à la lumière
    3. Quel est le rôle des tocophérols ?
  7. Vitamine E et oméga-3 : deux notions à ne pas confondre
    1. Les tocophérols peuvent contribuer à la stabilité de l’huile
    2. Dans l’organisme, l’allégation autorisée de la vitamine E est différente
  8. Comment conserver ses oméga-3 pour limiter leur oxydation ?
    1. Faut-il conserver les oméga-3 au réfrigérateur ?
    2. Air, chaleur et lumière : les bons réflexes
  9. Peut-on reconnaître des oméga-3 oxydés à leur odeur ou à leur goût ?
  10. Les oméga-3 oxydés sont-ils dangereux pour la santé ?

1. Qu’est-ce que l’oxydation des oméga-3 ?

L’oxydation des lipides est un ensemble de réactions chimiques qui peuvent modifier progressivement les acides gras d’une huile. Les acides gras polyinsaturés sont particulièrement concernés, et leur sensibilité dépend notamment de leur degré d’insaturation.

Or, l’EPA, ou acide eicosapentaénoïque, possède cinq doubles liaisons, tandis que le DHA, ou acide docosahexaénoïque, en possède six. Cette forte insaturation explique pourquoi les huiles riches en EPA et DHA nécessitent une attention particulière concernant leur stabilité oxydative.

Autrement dit, la richesse d’une huile en acides gras hautement insaturés constitue aussi un défi pour sa conservation. Toutefois, une huile riche en oméga-3 n’est pas condamnée à s’oxyder rapidement. Les conditions de production, la présence d’antioxydants, le conditionnement et le stockage influencent également sa stabilité.

1.1 Pourquoi EPA et DHA sont-ils particulièrement sensibles à l’oxydation ?

Pour comprendre cette sensibilité, il faut regarder leur structure d’un peu plus près.

Les doubles liaisons présentes dans les acides gras polyinsaturés créent des configurations moléculaires qui facilitent certaines réactions radicalaires. En particulier, certains atomes d’hydrogène situés entre deux doubles liaisons peuvent être plus facilement arrachés. Plus un acide gras comporte de zones favorables à ce type de réaction, plus sa susceptibilité à l’oxydation augmente.

Une réaction en chaîne peut alors commencer. Un radical lipidique se forme, réagit avec l’oxygène et peut à son tour participer à l’oxydation d’autres molécules lipidiques. Ainsi, l’oxydation ne correspond pas à un événement unique, mais à une succession de réactions capables de se propager dans l’huile.

C’est notamment pour cette raison que la maîtrise de l’exposition à l’oxygène, à la lumière et à la chaleur intervient dans la stabilité des huiles riches en EPA et DHA.

1.2 Que se passe-t-il lorsqu’un oméga-3 s’oxyde ?

Le phénomène peut être présenté simplement en trois étapes :

  1. Initiation : une première molécule lipidique est modifiée et un radical lipidique peut se former.
  2. Propagation : ce radical réagit notamment avec l’oxygène et contribue à entretenir une réaction en chaîne. Des hydroperoxydes lipidiques, considérés comme des produits primaires de l’oxydation, apparaissent.
  3. Décomposition : les hydroperoxydes sont relativement instables. Ils peuvent ensuite se décomposer en différents produits dits secondaires, parmi lesquels figurent notamment des composés carbonylés.

Cette évolution est essentielle pour comprendre les analyses réalisées sur les huiles. En effet, mesurer uniquement les produits primaires ne donne pas nécessairement une vision complète de l’état oxydatif, puisque ceux-ci peuvent eux-mêmes se transformer au cours du temps.

C’est précisément ce qui explique l’intérêt de distinguer oxydation primaire et oxydation secondaire.

2. Oxydation primaire et secondaire : pourquoi faut-il distinguer les deux ?

L’oxydation d’une huile n’évolue pas avec un marqueur unique qui augmenterait continuellement. Certains composés apparaissent, puis peuvent être transformés en d’autres molécules.

Ainsi, une huile peut avoir traversé différentes phases d’oxydation. Pour apprécier son état, il est utile d’observer des marqueurs correspondant à plusieurs étapes du processus.

Cette distinction permet également de comprendre pourquoi un faible indice de peroxyde, considéré isolément, ne suffit pas toujours pour conclure qu’une huile présente un faible niveau d’oxydation.

2.1 Les hydroperoxydes : premiers marqueurs de l’oxydation

Au cours des premières étapes de l’oxydation lipidique se forment notamment des hydroperoxydes. L’indice de peroxyde, souvent abrégé PV pour Peroxide Value, permet d’évaluer ces produits primaires d’oxydation.

Ainsi, lorsque l’oxydation débute et que les hydroperoxydes s’accumulent, l’indice de peroxyde peut augmenter.

Cependant, ces composés ne sont pas stables indéfiniment.

2.2 Que deviennent les produits primaires d’oxydation ?

Au fur et à mesure que l’oxydation progresse, les hydroperoxydes peuvent se décomposer. Cette décomposition conduit à la formation de produits secondaires d’oxydation, notamment différents aldéhydes et autres composés carbonylés.

Par conséquent, l’interprétation devient plus subtile : un indice de peroxyde faible ne signifie pas automatiquement que l’huile n’a pas subi d’oxydation. Il peut être faible parce que peu de produits primaires se sont formés, mais certains de ces produits peuvent également avoir déjà évolué vers des composés secondaires.

C’est pour cette raison que l’analyse de la qualité oxydative d’une huile ne repose pas uniquement sur l’indice de peroxyde. D’autres paramètres, notamment la valeur p-anisidine, peuvent compléter l’évaluation.

3. Comment mesure-t-on l’oxydation d’une huile riche en oméga-3 ?

Plusieurs méthodes analytiques permettent d’obtenir des informations complémentaires sur l’état oxydatif d’une huile. Parmi les paramètres les plus couramment utilisés figurent l’indice de peroxyde, la valeur p-anisidine et l’indice TOTOX.

Ils ne mesurent pas exactement la même chose. Ainsi, leur interprétation conjointe apporte davantage d’informations qu’un seul chiffre considéré isolément.

3.1 L’indice de peroxyde mesure l’oxydation primaire

L’indice de peroxyde renseigne sur la présence de produits primaires de l’oxydation, principalement les hydroperoxydes.

Il permet donc d’apprécier une partie de l’état oxydatif de l’huile. Cependant, puisque les hydroperoxydes peuvent se décomposer au cours du temps, cet indice ne suffit pas à lui seul pour décrire toutes les étapes du phénomène.

3.2 La valeur p-anisidine renseigne sur l’oxydation secondaire

La valeur p-anisidine, souvent abrégée p-AV, renseigne sur certains composés secondaires issus de la dégradation des produits primaires d’oxydation, notamment des aldéhydes.

Elle complète donc l’indice de peroxyde en examinant une étape différente du processus.

En pratique, associer ces deux paramètres permet d’obtenir une vision plus complète de l’état oxydatif d’une huile.

3.3 Qu’est-ce que l’indice TOTOX ?

TOTOX signifie « Total Oxidation ». Cet indicateur combine l’indice de peroxyde et la valeur p-anisidine selon la formule suivante :

TOTOX = 2 × indice de peroxyde + valeur p-anisidine

L’intérêt du TOTOX est donc de ne pas se limiter à une seule phase de l’oxydation. Il prend en compte à la fois les produits primaires mesurés par l’indice de peroxyde et certains produits secondaires pris en compte par la valeur p-anisidine.

Autrement dit, le TOTOX fournit une appréciation plus globale de l’état oxydatif d’une huile que l’indice de peroxyde considéré seul.

4. Quel indice TOTOX indique une huile oméga-3 de qualité ?

Pour les huiles de poisson entrant dans son champ d’application, le Codex Alimentarius indique notamment des valeurs maximales de référence pour plusieurs paramètres d’oxydation :

  • indice de peroxyde : ≤ 5 meq d’oxygène actif/kg ;
  • valeur p-anisidine : ≤ 20 ;
  • TOTOX : ≤ 26.

Ces valeurs constituent des repères utiles pour apprécier l’état oxydatif d’une huile. Cependant, il faut éviter de transformer le TOTOX en une note universelle permettant, à lui seul, de classer tous les compléments alimentaires contenant des oméga-3.

4.1 Un TOTOX très bas signifie-t-il forcément que l’oméga-3 est meilleur ?

Non, pas à lui seul.

Le TOTOX renseigne sur l’état oxydatif de l’huile au moment où elle est analysée. En revanche, il ne renseigne pas directement sur l’ensemble des autres critères permettant d’évaluer un complément alimentaire.

Par exemple, il ne permet pas à lui seul de connaître :

  • la quantité réelle d’EPA et de DHA apportée ;
  • l’origine et la traçabilité de l’huile ;
  • la maîtrise des contaminants ;
  • la qualité globale de la matière première ;
  • le dosage adapté à l’usage recherché ;
  • les conditions de stockage et de transport du produit.

Ainsi, le TOTOX est un indicateur de qualité oxydative, mais pas une note globale de qualité d’un complément d’oméga-3.

Pour aller plus loin, découvrez comment choisir un oméga 3 de qualité : teneur en EPA et DHA, fraîcheur de l’huile, pureté, traçabilité, dosage et forme sont autant de critères à considérer en complément de l’indice TOTOX.

5. Qu’est-ce qui accélère l’oxydation des oméga-3 ?

L’oxydation dépend de nombreux facteurs. Plusieurs éléments peuvent notamment favoriser ou accélérer les réactions d’oxydation au cours de la fabrication, du stockage ou de l’utilisation d’une huile.

5.1 L’oxygène

L’oxygène intervient directement dans les réactions d’oxydation lipidique. Par conséquent, limiter le contact de l’huile avec l’air peut contribuer à améliorer sa stabilité.

Ce point est particulièrement important pour les huiles liquides après ouverture, car chaque ouverture du contenant peut renouveler l’air présent dans le flacon.

5.2 La lumière

La lumière peut également favoriser certaines réactions d’oxydation, notamment en présence de molécules photosensibilisantes.

C’est pourquoi un emballage limitant l’exposition à la lumière peut participer à la protection de l’huile.

5.3 La température

La température influence la vitesse de nombreuses réactions chimiques. Ainsi, une température élevée peut accélérer les réactions responsables de l’altération d’une huile.

Cependant, cela ne signifie pas qu’une exposition ponctuelle à une température modérée « détruit » instantanément les oméga-3. La durée d’exposition et les conditions réelles de stockage doivent également être prises en compte.

5.4 Le temps et les conditions de stockage

L’oxydation est également un phénomène dépendant du temps. Même lorsqu’une huile est correctement protégée, sa composition peut évoluer progressivement.

Ainsi, la qualité finale dépend de l’ensemble de son parcours :

  1. fabrication de l’huile ;
  2. stockage avant conditionnement ;
  3. mise en capsule ou en flacon ;
  4. transport ;
  5. stockage chez le distributeur ;
  6. conservation chez le consommateur.

En pratique, une bonne conservation à domicile ne peut pas restaurer une huile qui aurait déjà subi une altération importante avant son achat. La maîtrise de l’oxydation doit donc commencer en amont.

6. Comment limiter l’oxydation des oméga-3 ?

Il n’existe pas un seul moyen de maîtriser l’oxydation des huiles riches en EPA et DHA. La stabilité dépend au contraire de plusieurs mesures complémentaires mises en œuvre depuis la fabrication jusqu’à la consommation.

6.1 La qualité initiale de l’huile compte dès la fabrication

La qualité d’une huile ne dépend pas uniquement de la manière dont elle est conservée après l’achat.

Les conditions d’extraction, de purification, de manipulation et de stockage de la matière première influencent également son état oxydatif. Ainsi, préserver la qualité d’une huile commence dès sa production.

La limitation de son exposition à l’oxygène, à la chaleur excessive et à la lumière fait notamment partie des paramètres à maîtriser.

6.2 Le conditionnement peut limiter l’exposition à l’air et à la lumière

Le choix du conditionnement constitue un autre levier de stabilité.

Les capsules permettent notamment de fractionner l’huile en portions individuelles et de limiter son exposition directe à l’air lors de chaque prise. De même, certains flacons sont conçus pour réduire l’exposition à la lumière.

Cependant, aucun conditionnement ne permet de garantir l’absence totale d’oxydation. Il s’agit plutôt de limiter certains facteurs qui peuvent favoriser le phénomène.

6.3 Quel est le rôle des tocophérols ?

Les tocophérols appartiennent à une famille de molécules possédant des propriétés antioxydantes. Ils peuvent être utilisés dans les huiles riches en acides gras polyinsaturés afin de contribuer à ralentir certaines réactions d’oxydation.

Leur action repose notamment sur leur capacité à intervenir dans les réactions radicalaires et à limiter la propagation de certaines chaînes d’oxydation.

Toutefois, leur efficacité dépend de nombreux paramètres : nature des tocophérols utilisés, concentration, composition de l’huile et conditions de stockage, notamment.

7. Vitamine E et oméga-3 : deux notions à ne pas confondre

La présence de vitamine E ou de tocophérols dans un complément d’oméga-3 peut prêter à confusion, car deux notions différentes se superposent : la stabilité de l’huile dans le produit et le rôle nutritionnel de la vitamine E dans l’organisme.

Il est important de les distinguer.

7.1 Les tocophérols peuvent contribuer à la stabilité de l’huile

Dans une formulation contenant une huile riche en EPA et DHA, les tocophérols peuvent être ajoutés pour leurs propriétés antioxydantes.

Dans ce contexte, il s’agit d’un rôle technologique au sein de l’huile : ils participent à la maîtrise de certaines réactions d’oxydation pendant la durée de vie du produit.

Cela ne signifie cependant pas que la présence de vitamine E rend l’huile totalement insensible à l’oxydation. Les autres facteurs de stabilité restent importants.

7.2 Dans l’organisme, l’allégation autorisée de la vitamine E est différente

Le rôle des tocophérols dans la stabilité d’une huile ne doit pas être confondu avec l’allégation nutritionnelle autorisée pour la vitamine E chez le consommateur.

La vitamine E contribue à protéger les cellules contre le stress oxydatif.

Cette formulation concerne son rôle nutritionnel dans l’organisme. Elle est donc distincte de son utilisation comme antioxydant dans une formulation contenant des oméga-3.

Autrement dit, « contribuer à stabiliser une huile » et « contribuer à protéger les cellules contre le stress oxydatif » désignent deux réalités différentes.

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8. Comment conserver ses oméga-3 pour limiter leur oxydation ?

Une fois le produit acheté, de bonnes conditions de conservation permettent de ne pas accélérer inutilement son altération.

En pratique, il convient avant tout de respecter les recommandations de conservation indiquées par le fabricant, car elles dépendent notamment de la forme du produit et de son conditionnement.

8.1 Faut-il conserver les oméga-3 au réfrigérateur ?

Il n’existe pas de règle universelle imposant de conserver tous les compléments d’oméga-3 au réfrigérateur.

Une huile liquide ouverte peut avoir des besoins de conservation différents d’un complément conditionné sous forme de capsules. De plus, la formulation et le conditionnement influencent également la stabilité du produit.

Ainsi, les instructions portées sur l’emballage restent la référence à suivre.

La conservation dépend notamment de la forme du produit et de son conditionnement. Pour approfondir ce point, consultez notre guide pratique : Oméga 3 au frigo : faut-il vraiment les conserver ?.

8.2 Air, chaleur et lumière : les bons réflexes

Quelques précautions simples permettent néanmoins d’éviter d’exposer inutilement les oméga-3 à des facteurs favorisant leur oxydation :

  1. respecter les conditions de conservation indiquées sur l’emballage ;
  2. éviter les sources de chaleur et les températures excessives ;
  3. protéger le produit de la lumière directe ;
  4. refermer correctement les contenants après utilisation ;
  5. ne pas conserver inutilement un produit ouvert au-delà de la durée recommandée par le fabricant.

Ces mesures ne suppriment pas toute réaction d’oxydation, mais elles contribuent à ne pas accélérer inutilement l’évolution de l’huile au cours du stockage.

9. Peut-on reconnaître des oméga-3 oxydés à leur odeur ou à leur goût ?

Une huile très altérée peut présenter une modification de son odeur ou de son goût, car certains produits secondaires de l’oxydation sont volatils et peuvent participer au développement de notes sensorielles désagréables.

Cependant, l’odeur ou le goût ne constituent pas une méthode fiable permettant de quantifier l’état oxydatif d’une huile.

Une huile présentant peu d’odeur n’est donc pas nécessairement exempte de produits d’oxydation. À l’inverse, la présence d’une odeur caractéristique de poisson ne permet pas, à elle seule, de déterminer un indice TOTOX.

Pour mesurer objectivement l’état oxydatif d’une huile, des analyses chimiques réalisées selon des méthodes adaptées sont nécessaires.

10. Les oméga-3 oxydés sont-ils dangereux pour la santé ?

Cette question appelle une réponse plus nuancée que ne le laissent parfois penser certaines formulations alarmistes.

L’oxydation des acides gras polyinsaturés produit différentes molécules, dont certaines font l’objet de recherches expérimentales. Cependant, mettre en évidence un mécanisme chimique ou biologique ne suffit pas à démontrer un effet clinique chez le consommateur aux niveaux d’exposition habituels.

Les connaissances disponibles ne permettent donc pas de résumer la question par l’affirmation « les oméga-3 oxydés sont toxiques ». Les conséquences dépendent notamment de la nature des produits d’oxydation, de leurs concentrations, des conditions expérimentales étudiées et de l’exposition réelle.

En revanche, du point de vue de la qualité du produit, limiter l’oxydation reste un objectif pertinent. Une huile riche en EPA et DHA doit être fabriquée, conditionnée et conservée de manière à préserver au mieux ses caractéristiques pendant sa durée de vie.

 

À retenir

  1. EPA et DHA sont particulièrement sensibles à l’oxydation en raison de leur forte insaturation.
  2. L’oxydation évolue en plusieurs étapes avec la formation de produits primaires puis secondaires.
  3. L’indice de peroxyde, la valeur p-anisidine et le TOTOX apportent des informations complémentaires sur l’état oxydatif d’une huile.
  4. Un TOTOX bas ne suffit pas à lui seul pour juger de la qualité globale d’un complément d’oméga-3.
  5. La maîtrise de l’oxydation dépend de plusieurs facteurs : qualité initiale de l’huile, fabrication, antioxydants, conditionnement, transport et conservation.

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FAQ - Oxydation des Oméga 3

Une capsule d’oméga-3 peut-elle s’oxyder ?

Oui. Le conditionnement en capsule limite le contact direct de l’huile avec l’air ambiant, mais il ne rend pas les oméga-3 totalement insensibles à l’oxydation. La qualité initiale de l’huile, sa formulation, son conditionnement, la température, la lumière et la durée de stockage restent notamment à prendre en compte.

Une huile de poisson peut-elle être oxydée sans sentir mauvais ?

Oui. L’odeur ne permet pas, à elle seule, d’évaluer l’état oxydatif d’une huile. Certains produits secondaires de l’oxydation peuvent participer à l’apparition d’odeurs ou de goûts indésirables. Cependant, l’absence d’odeur désagréable ne démontre pas qu’une huile présente un faible niveau d’oxydation. Des analyses chimiques sont nécessaires pour l’évaluer objectivement.

Le réfrigérateur empêche-t-il l’oxydation des oméga-3 ?

Non. Une température plus basse peut ralentir certaines réactions chimiques, mais la réfrigération ne garantit pas l’absence d’oxydation. De plus, les conditions de conservation recommandées peuvent différer selon qu’il s’agit d’une huile liquide ou de capsules et selon le conditionnement. En pratique, il convient donc de suivre les indications du fabricant.

La vitamine E empêche-t-elle complètement l’oxydation des oméga-3 ?

Non. Les tocophérols possèdent des propriétés antioxydantes et peuvent être utilisés pour contribuer à ralentir certaines réactions d’oxydation dans une huile. Toutefois, ils ne rendent pas EPA et DHA totalement insensibles à l’oxydation. Leur efficacité dépend notamment de leur concentration, de la composition de l’huile et des conditions de stockage.

Par ailleurs, ce rôle dans la formulation ne doit pas être confondu avec l’allégation nutritionnelle autorisée : la vitamine E contribue à protéger les cellules contre le stress oxydatif.

Le TOTOX est-il obligatoirement indiqué sur l’emballage des oméga-3 ?

Non. L’indice TOTOX n’est pas une information que le consommateur retrouve nécessairement sur l’étiquette d’un complément alimentaire. Il s’agit d’un paramètre analytique utilisé pour apprécier l’état oxydatif d’une huile

Comment connaître le TOTOX d’un complément d’oméga-3 ?

Le TOTOX est obtenu à partir de mesures analytiques de l’indice de peroxyde et de la valeur p-anisidine. Sa formule est :

TOTOX = 2 × indice de peroxyde + valeur p-anisidine

Lorsqu’aucune valeur analytique n’est communiquée pour le produit concerné, son TOTOX ne peut donc pas être déduit simplement de la composition figurant sur l’étiquette.

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Références scientifiques et institutionnelles

  1. Miyashita K, Uemura M, Hosokawa M. Effective Prevention of Oxidative Deterioration of Fish Oil: Focus on Flavor Deterioration. Annual Review of Food Science and Technology. 2018;9:209-226.
    PubMed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29328808/
  2. Shibata A, Uemura M, Hosokawa M, Miyashita K. Chemistry and biology of ω-3 PUFA peroxidation-derived compounds. Prostaglandins & Other Lipid Mediators. 2017;133:52-59.
    PubMed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28049021/
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    PubMed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27886145/
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    PubMed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11308317/
  5. Codex Alimentarius Commission. Standard for Fish Oils — CXS 329-2017. FAO/WHO. Référence utilisée notamment pour les paramètres d’oxydation des huiles de poisson : indice de peroxyde, valeur p-anisidine et TOTOX.
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  7. Global Organization for EPA and DHA Omega-3s (GOED). GOED Voluntary Monograph. Référentiel professionnel comprenant notamment des spécifications relatives à la qualité oxydative des huiles EPA/DHA.
  8. EFSA Panel on Biological Hazards (BIOHAZ). Scientific Opinion on Fish Oil for Human Consumption. Food Hygiene, including Rancidity. EFSA Journal. 2010;8(10):1874. Référence utilisée pour nuancer l’interprétation des données concernant le rancissement et les conséquences sanitaires chez l’être humain.

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